Arthur McKay (1926-2000)
Arthur McKay, Effulgent Image (Image effulgente), 1961
Latex, émail pour tuyau de poêle et peinture commerciale sur panneau dur, 122 x 122 cm
MacKenzie Art Gallery, Regina
Arthur McKay est surtout connu pour ses « mandalas » circulaires et rectangulaires réalisés à l’émail gratté, dont Effulgent Image (Image effulgente), une œuvre non figurative marquée par l’influence de Barnett Newman (1905-1970), qui dirige l’atelier d’artistes du lac Emma en 1959, ainsi que par celle de son collègue de Regina, Ronald Bloore (1925-2009), qui commence à produire de grands tableaux au couteau à palette à la fin des années 1950. Dans Effulgent Image (Image effulgente), McKay exploite les irrégularités du panneau de Masonite et les stries laissées par le couteau à palette pour donner l’illusion d’une surface épaisse et fortement texturée. Cette peinture, aujourd’hui emblématique, figure parmi les œuvres présentées dans l’exposition phare Five Painters from Regina (Cinq peintres de Regina) au Musée des beaux-arts du Canada en 1961.


Né à Nipawin, en Saskatchewan, Arthur McKay étudie les arts au Provincial Institute of Technology and Art de Calgary, puis à l’Académie de la Grande Chaumière, à Paris, où il s’imprègne du cubisme. En 1952, il est engagé comme professeur invité en art au campus de Regina de l’Université de la Saskatchewan, où il travaille aux côtés de Kenneth Lochhead (1926-2006). En 1955, McKay et Lochhead collaborent à la mise sur pied des ateliers d’artistes du lac Emma, sur le site qui accueille l’école d’art d’été de Murray Point, une initiative qui, en quelques années, contribue à faire de Regina un centre du modernisme au Canada.
À cette époque, McKay peint encore des œuvres figuratives, telles que Prairie Landscape (Paysage des Prairies), v.1950. En 1956, il prend un congé de Regina College pour étudier aux États-Unis; il y visite notamment une importante exposition commémorative consacrée à Jackson Pollock (1912-1956), présentée au Museum of Modern Art de New York et réunissant quarante-quatre peintures et œuvres sur papier. De retour à l’enseignement en 1957, et stimulé par l’exemple de Pollock, McKay se met à peindre des toiles abstraites comme Untitled (Sans titre), 1957, et Interior (Intérieur), 1958. Sa pratique se transforme en profondeur lorsqu’il participe à l’atelier dirigé par Newman au lac Emma en 1959 : il délaisse alors la peinture à l’huile au profit d’œuvres non figuratives sur papier, exécutées au couteau à palette trempé dans de la peinture pour tableau noir. Après avoir réalisé une centaine de dessins selon ce procédé, il revient à la peinture et, auprès de Bloore, apprend à superposer de minces couches d’émail pour poêle sur une base de latex sur Masonite.
Le Western Canada Art Circuit organise en 1961 une exposition individuelle consacrée à l’œuvre de McKay et, plus tard la même année, l’artiste accède à une notoriété nationale avec les Regina Five. McKay continue toutefois de participer aux ateliers d’été du lac Emma, notamment à celui que dirige, en 1962, le critique d’art américain Clement Greenberg (1909-1994). Greenberg voit en McKay l’un des meilleurs peintres abstraits au Canada et souligne l’originalité avec laquelle il fait écho aux motifs centraux de ses œuvres jusque dans la forme même de leurs supports, comme dans Statement of a Paradox (Énoncé d’un paradoxe), 1963. En 1964, Greenberg inclut trois œuvres de McKay, dont Enigma (Énigme), 1963, dans l’exposition phare Post-Painterly Abstraction (Abstraction post-picturale) présentée au Los Angeles County Museum of Art. En y côtoyant des artistes canadiens tels que Jack Bush (1909-1977) et son collègue des Regina Five Kenneth Lochhead, McKay voit sa position s’affirmer comme l’une des figures de proue de la peinture abstraite au Canada.
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