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David Garneau (né en 1962)

David Garneau (né en 1962)

David Garneau, At the Fiddle Camp (Au camp de violon), 2009 

Acrylique sur toile, 153,5 x 122,5 x 4,5 cm 

Fondation des arts de l’Alberta, Edmonton 

David Garneau est un artiste, auteur, commissaire et enseignant qui explore les thèmes de la masculinité, de l’histoire et de l’identité — dont son ascendance métisse — dans des œuvres comme At the Fiddle Camp (Au camp de violon), une image de tipi sur laquelle se superpose un motif circulaire de points polychromes, en référence au perlage traditionnel métis. Voix incontournable de l’art autochtone contemporain au Canada, Garneau est reconnu pour une pratique multidisciplinaire qui conjugue peinture, commissariat, écriture et performance. Ses œuvres remettent en question les récits historiques dominants (en particulier ceux de l’Ouest canadien) et ouvrent un espace à l’autoreprésentation autochtone et à la souveraineté intellectuelle.

 

Né à Edmonton, Garneau est un descendant de Laurent Garneau, qui prend part, aux côtés de Louis Riel, à la Résistance de la rivière Rouge en 1869-1870. Son père, Richard, est un historien amateur et généalogiste. Garneau évoque sa filiation métisse dans de nombreuses œuvres, dont une performance réalisée en 2014, Dear John, David Louis Riel (Cher John, David Louis Riel), où il se costume en Louis Riel et engage un dialogue imaginé avec une statue en bronze de John A. Macdonald installée au parc Victoria, à Regina. L’événement, d’une durée de vingt-cinq minutes, a lieu le 16 novembre, date anniversaire de la pendaison de Riel en 1885 pour haute trahison, une accusation recommandée par Macdonald. Garneau reprend la performance devant la statue de John A. Macdonald sur la Colline du Parlement en 2017.

 

David Garneau, Dear John, David Louis Riel (Cher John, David Louis Riel), 2014, performance, Dunlop Art Gallery, Regina.
David Garneau, How the West Was… (Tel était l’Ouest… ) (détail), 1997-2003, huile sur toile, huit « pages », chacune comportant un nombre variable de panneaux, dimensions totales: 120 x 180 cm, Musée Glenbow, Calgary.

Influencé par sa mère artiste, la peintre et calligraphe Noreen Monroe Guzie, Garneau s’intéresse très tôt à l’art. Après avoir découvert le travail de Joe Fafard (1942-2019), l’adolescent se met à réaliser des sculptures de personnes de son entourage. Plus tard, après avoir obtenu un certificat en éducation à la petite enfance, il s’inscrit à l’Université de Calgary, où il décroche un baccalauréat en beaux-arts (peinture et dessin) ainsi qu’une maîtrise en littérature américaine. Alors qu’il est encore aux études, il rejette le modernisme défendu par la plupart des personnes qui lui enseigne, préférant une pratique attentive à la complexité des idées et de l’histoire.

 

En 1994, Garneau devient professeur agrégé au département des arts visuels de l’Université de Regina, où il poursuit sa pratique artistique. Son travail est présenté dans de nombreuses expositions, notamment à l’Alberta Biennial de 1998, pour laquelle il réalise How the West Was…  (Tel était l’Ouest… ), 1997-2003, une peinture-collage composée de trente-six panneaux. L’ensemble prend la forme d’une bande dessinée de six pages qui racontent la colonisation des prairies canadiennes à partir d’images empruntées à la culture populaire et à des sources de l’histoire de l’art.

 

Comme artiste, Garneau s’inscrit dans le sillage d’Alex Janvier (1935-2024), de Bob Boyer (1948-2004), de Christi Belcourt (née en 1966) et de Joane Cardinal-Schubert (1942-2009), tout en puisant dans la tradition du perlage métis, dont l’influence se manifeste dans les motifs circulaires de points polychromes qui se superposent à des éléments figuratifs dans des œuvres comme when they awake… Louis Riel  (lorsqu’ils s’éveillent… Louis Riel), 2020. Comme commissaire, il a conçu plusieurs expositions d’envergure, notamment Moving Forward, Never Forgetting (Aller de l’avant, ne jamais oublier) à la MacKenzie Art Gallery en 2015; Transformer: Native Art in Light and Sound (Transformer : l’art autochtone en lumière et en son) au National Museum of the American Indian, à New York, en 2017; ainsi que la 5e Biennale d’art autochtone contemporain (BACA), Kahwatsiretátie: Teionkwariwaienna Tekariwaiennawahkòntie, à Montréal en 2020.

 

L’œuvre de Garneau figure dans de nombreuses collections publiques au Canada et, en 2023, il reçoit le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques. La même année, les Nickle Galleries de l’Université de Calgary présentent une exposition rétrospective intitulée Métissage, réunissant cinquante-trois œuvres réalisées sur plus de vingt ans.

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