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Wilf Perreault (né en 1947)

Wilf Perreault (né en 1947)

Wilf Perrault, Canadian Martyr’s Area (Le secteur des martyrs canadiens), 1980 

Acrylique sur toile, 122,7 x 180,5 cm 

Remai Modern, Saskatoon 

Wilf Perrault, Shady Lane (Allée ombragée), 1988, acrylique sur toile, 213 x 335,2 cm, MacKenzie Art Gallery, Regina.

Wilf Perreault est surtout connu pour ses peintures, gravures et aquarelles représentant les ruelles et les arrière-cours de Regina, qu’il commence à réaliser peu après son arrivée dans la ville en 1971. Comme d’autres artistes actifs à Regina à la même époque, dont Joe Fafard (1942-2019) et David Thauberger (né en 1948), Perreault adhère à l’idée que l’art doit prendre appui sur l’expérience personnelle et sur le milieu immédiat, une position qui transparaît dans des œuvres comme Canadian Martyr’s Area (Le secteur des Martyrs canadiens), où se manifeste son intérêt pour les reflets et les effets de la lumière. La scène se situe dans une ruelle près de sa maison, dans le quartier nord de la ville.

 

Né dans la communauté francophone d’Albertville, au nord de la Saskatchewan, Perreault passe ses premières années à Saskatoon, où il reçoit ses premières leçons d’art auprès de son voisin, lui-même élève d’Ernest Lindner (1897-1988). À seize ans, alors qu’il étudie au Saskatoon Technical College, Perreault devient le premier étudiant au pays à obtenir une bourse en arts décernée par l’Eagle Pencil Company of Canada. Malgré son intérêt précoce pour la peinture, Perreault choisit de se consacrer à la sculpture abstraite à l’Université de la Saskatchewan, où il étudie auprès d’Otto Rogers (1935-2019) et de William « Bill » Epp (1930-1995). Il y réalise des œuvres de grand format en acier soudé, dont l’une est acquise par la Mendel Art Gallery de Saskatoon en 1969.

 

Après l’obtention de son diplôme en 1971, Perreault s’installe à Regina, où il est embauché comme enseignant en arts à l’école secondaire O’Neill, dans le quartier nord de la ville. Même si son premier réflexe est de reprendre la sculpture, il revient à la peinture, faute de trouver un atelier pouvant accueillir la réalisation d’œuvres de grand format. Comme peintre, Perreault rejette le modernisme de New-York qui avait valu à Regina une place de choix sur la scène artistique canadienne. Lors de l’une de ses premières promenades en ville, il est captivé par les reflets dans les flaques printanières — une expérience qui marque le début de son intérêt pour les scènes urbaines, notamment les ruelles et les arrière-cours de Regina. À partir d’une image photographique, Perreault transforme ensuite ses tableaux au fil du travail, pour aboutir à un mélange de photoréalisme et d’impressionnisme. Son style est influencé par des artistes comme Dorothy Knowles (1927-2023), dont il a découvert l’œuvre durant ses années à Saskatoon.

 

Wilf Perreault, Joe Fafard, 1975, acrylique sur toile, 91,4 x 73,6 cm, collection privée.
Vue de l’installation de Ruelle d’amour — un voyage d’amour, 2014, de Wilf Perreault, à la MacKenzie Art Gallery, photographie non attribuée.

La première exposition individuelle de Perreault à Regina, présentée en 1978 à la Norman MacKenzie Art Gallery, réunit principalement des vues urbaines contemplatives réalisées au crayon, à l’huile et à l’aquarelle. Elle comprend aussi quelques portraits, dont celui de l’artiste céramiste Fafard. Le succès de Perreault lui permet de prendre sa retraite de l’enseignement à la fin des années 1980 et de se consacrer entièrement à sa pratique artistique. En 1989, il fait partie des cinq artistes qui représentent le Canada aux premiers Jeux de la Francophonie, au Maroc, où il reçoit une médaille d’argent.

 

Une importante rétrospective réunissant plus de quarante de ses peintures et aquarelles, Wilf Perreault : In the Alley / Dans la ruelle, est présentée à la MacKenzie en 2014. En complément, Perreault installe une murale  panoramique de quarante-six mètres en hommage à sa défunte épouse, Sandi. Inspirée des salles ovales où est présentée la série des Nymphéas de Claude Monet (1840-1926) au musée de l’Orangerie, à Paris, la murale évoque des scènes de la vie du couple à Regina et à Saskatoon, où il vit, ainsi qu’à Phoenix, où il passe ses vacances. Perreault continue de vivre et de travailler à Regina.

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