James Henderson (1871-1951)
James Henderson, Winter Landscape (Paysage d’hiver), v.1935
Huile sur toile, 61,6 x 76,3 cm
MacKenzie Art Gallery, Regina
James Henderson a été le premier artiste de la Saskatchewan à vivre exclusivement de son art. Il est surtout connu pour ses paysages impressionnistes de la vallée de la Qu’Appelle, qu’il saisit à différents moments de la journée et au fil des saisons. Sa peinture Winter Landscape (Paysage d’hiver) une vue de fin d’après-midi orientée vers l’est en direction du lac Mission, témoigne de sa maîtrise de la composition dynamique. Ici, l’angle de la crête de la prairie au premier plan structure la scène et guide le regard le long de la courbe fuyante des prairies herbeuses.


Né à Glasgow, James Henderson développe très tôt un intérêt pour l’art. À seize ans, il entreprend un apprentissage de six ans en lithographie, tout en suivant des cours du soir à la Glasgow School of Art. Après avoir achevé sa formation, il s’installe à Londres, où il travaille comme graveur, lithographe et décorateur de théâtre, consacrant ses fins de semaine à la peinture et au dessin.
Henderson immigre au Canada en 1909 et s’installe d’abord à Winnipeg, où il travaille comme lithographe jusqu’en 1912, année où il s’établit à Regina. Tout en poursuivant une activité d’artiste commercial, Henderson est bientôt très sollicité comme portraitiste et reçoit des commandes du maire Robert Martin, de Hugh Richardson, le juge qui a présidé le procès de Louis Riel en 1885, ainsi que du juge James Thomas Brown, de la Cour suprême de la Saskatchewan. Tout au long de sa carrière, son travail est régulièrement présenté dans des expositions locales, notamment dans les expositions annuelles organisées par le comité des beaux-arts et des arts appliqués du Local Council of Women et par la Women’s Art Association of Saskatchewan.
En plus de la reconnaissance qu’il reçoit pour ses paysages, James Henderson est également salué pour ses portraits d’Aînés autochtones, dont sa représentation du chef Pemimotat , qui montre son sujet assis, le regard détourné, enveloppé dans une couverture. Plusieurs de ces portraits sont réalisés après l’installation de l’artiste dans la vallée de la Qu’Appelle en 1916. Il y puise son inspiration auprès des Aînés des réserves avoisinantes. À l’instar de son prédécesseur Paul Kane (1810-1871) et de nombreux contemporains, Henderson croit préserver la mémoire de peuples dont il estime la culture vouée à disparaître. Cherchant à capter les qualités héroïques de ses modèles, il réalise des portraits souvent marqués par une idéalisation excessive. Néanmoins, pour son travail de portraitiste, Henderson est reconnu comme chef honoraire par la réserve Standing Buffalo, près de Fort Qu’Appelle. Les membres de la communauté lui donnent le nom de Wicite Owapi Wicasa, soit « l’homme qui peint les vieillards ».
À une époque où les artistes de Regina demeurent encore isolés de leurs pairs du centre du Canada, Henderson compte parmi les rares peintres de la région à obtenir une reconnaissance à l’échelle nationale et internationale. Avec l’appui de Norman MacKenzie (1869-1936), deux de ses portraits de chefs autochtones sont présentés à l’Exposition de l’Empire britannique tenue en 1924, puis de nouveau en 1925, à Wembley, à Londres. Le Musée des beaux-arts du Canada acquiert par la suite sa peinture Portrait of (Portrait du chef Shot-in-Both-Sides), 1927.
À la suite du décès de James Henderson en 1951, une exposition commémorative réunissant plus de vingt-cinq de ses œuvres est présentée au Regina College. En 1969, la Mendel Art Gallery (aujourd’hui le Remai Modern) organise une rétrospective consacrée à son œuvre. Une relecture critique de sa carrière est proposée en 2010, lorsque le Mendel présente l’exposition James Henderson: Wicite Owapi Wicasa: the man who paints the old men (James Henderson : Wicite Owapi Wicasa : l’homme qui peint les vieillards).
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