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Ayla Dmyterko (née en 1988)

Ayla Dmyterko (née en 1988)

Ayla Dmyterko, Solastalgic Soliloquy (Soliloque solastalgique) (image tirée de la vidéo), 2020

Vidéo numérique monocanal, 5 min 27 s

Comptant parmi le nombre grandissant d’artistes contemporaines de Regina dont le travail est présenté à l’international, Ayla Dmyterko amorce sa carrière comme peintre. Elle élargit rapidement sa pratique pour y intégrer l’image en mouvement, la sculpture et l’installation — souvent en combinaison — afin d’interroger les discours contemporains portant sur le patriarcat, le colonialisme, l’environnementalisme et le capitalisme tardif, notamment à partir de son propre vécu au sein de la diaspora ukrainienne au Canada. Pendant ses études auprès de David Garneau (né en 1962) à l’Université de Regina, Dmyterko adopte l’idée qu’une pratique artistique peut se transformer d’un projet à l’autre et qu’elle est la plus féconde « lorsqu’elle demeure fidèle à une idée plutôt qu’à un style particulier, voire à un moyen d’expression ». Cet éthos continue d’orienter son travail de création.

 

Ayla Dmyterko, The Dead Leave Us Starving with Mouths Full of Love (Les morts nous laissent affamés, la bouche pleine d’amour), 2014, huile sur toile, 91,4 x 121,9 cm.
Ayla Dmyterko, A Sieve for the Sun (Un tamis pour le soleil), 2023, huile, détrempe et cire d’abeille sur lin, 139,7 x 101,6 cm, collection permanente SK Arts, Regina.

Dmyterko commence à expérimenter la vidéo en 2020 alors qu’elle étudie à la Glasgow School of Art, où elle réalise Solastalgic Soliloquy (Soliloque solastalgique) la même année. L’œuvre est tournée au Ukrainian Cultural Centre de Regina, dans la forêt de Białowieża, en Pologne, ainsi que dans des lieux à Glasgow et à Berlin. Elle est présentée pour la première fois dans le cadre de Ritual & Lore (Rituels et savoirs), une exposition consacrée au folklore et aux savoirs traditionnels au Musée des beaux-arts de Regina. La vidéo recourt à la danse traditionnelle pour traduire l’érosion des traditions folkloriques lorsqu’elles sont séparées de leurs milieux d’origine — comme l’explique Dmyterko, « un glissement générationnel, à mesure que ma mémoire musculaire flanche et se fragmente ». Adoptant l’idée que « l’image en mouvement est plus accessible que la peinture, parce qu’elle peut voyager numériquement et être projetée en plusieurs lieux à la fois », Dmyterko réalise ensuite deux autres œuvres vidéo : Rite of Return (Rite du retour), 2021, et On Volya: Filling in the Frescoes (On Volya : compléter les fresques), 2023.

 

Dmyterko naît à Ituna, en Saskatchewan, une communauté rurale située au nord-est de Regina. Ses ancêtres font partie de la vaste vague ukrainienne qui immigre en Saskatchewan à partir de la fin du dix-neuvième siècle, dans le cadre du projet canadien de peuplement de l’Ouest. Elle grandit à Regina, immergée dans des coutumes et des rituels ukrainiens — dont la danse traditionnelle. Sa première exposition individuelle, The Tale Began with a Beet [It Must End with the Devil] (Le conte commence avec une betterave [il doit se terminer avec le diable]), présentée en 2015 à Projet Pangée, à Montréal, comprend la série de peintures The Dead Leave Us Starving with Mouths Full of Love  (Les morts nous laissent affamés, la bouche pleine d’amour), qui s’appuie sur son expérience de descendante immigrante de troisième génération.

 

Après une maîtrise à Glasgow, elle présente en 2020, chez Zalucky Contemporary à Toronto, l’exposition Vyshyvani Kazky, Embroidered Stories (Vyshyvani Kazky, histoires brodées), qui évoque le parcours de ses ancêtres, des Carpates aux Prairies canadiennes. Le projet comprend notamment Future Projections (Projections futures), 2018, des images numériques tirées d’archives photographiques familiales et projetées sur des bâtiments encore debout de la concession d’origine, ainsi que Peasants Under Glass (Paysans sous verre), 2020, une série de photographies montrant des fragments de costumes de danse ukrainienne brodés.

 

Son travail est de nouveau présenté à Pangée en 2023; l’une des œuvres de cette exposition, A Sieve for the Sun  (Un tamis pour le soleil), 2023, est acquise pour la collection permanente de SK Arts. Son œuvre continue de circuler à l’étranger, tout récemment dans une exposition individuelle présentée à la fin de 2025 chez Alma Pearl, à Londres, en Angleterre.

 

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