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Zachari Logan (né en 1980)

Zachari Logan (b.1980)

Zachari Logan, Eunuch Tapestry 5 (Tapisserie à l’eunuque, n° 5), 2015 

Pastel sur huit feuilles de papier vélin noir, 213,3 x 731,5 cm, installé 

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa 

Zachari Logan s’impose comme l’un des artistes de Regina les plus en vue dans les domaines de la céramique, du dessin et de l’installation. Explorant les croisements entre masculinité, identité, mémoire et lieu, il est largement exposé, en solo comme en groupe, en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Parmi ses premières œuvres marquantes figure Eunuch Tapestry 5 (Tapisserie à l’eunuque, n° 5), 2015, réalisée à la craie pastel sur huit grandes feuilles de papier noir. L’œuvre s’inspire du paysage floral de The Unicorn Tapestries (Les tapisseries de la licorne), 1495-1505, conservées à The Cloisters, à New York, ainsi que des illustrations de spécimens botaniques de Mary Delany (1700-1788) que Logan voit au British Museum.

 

Zachari Logan, Wildman Picks Wildflowers (Homme sauvage cueille fleurs sauvages), 2020, crayon rouge et bleu sur Mylar, 25,4 x 17,8 cm.
Zachari Logan, Hive No. 3 (Ruche no 3), de la série Wildman (Homme sauvage), 2016, crayon bleu sur mylar, 38,1 x 45,72 cm.

L’œuvre de Logan — notamment plusieurs séries de dessins intimes au crayon bleu et rouge sur Mylar, représentant flore, faune et figures — se concentre principalement sur son identité queer et sur les constructions sociales du genre. En 2015, il réalise une série de dessins bleus d’une grande finesse consacrés aux mauvaises herbes et aux fleurs sauvages des fossés routiers de la Saskatchewan; les plantes, tout comme l’espace liminal du fossé, y servent de métaphore pour des corps et des espaces queer situés en marge. Revenant sur cette série, Logan écrit plus tard : « Je commence à penser au paysage de la Saskatchewan comme à un espace marginal, d’emblée, mais aussi à chercher des lieux où je peux me réapproprier un espace queer ou une corporéité queer; je me mets alors à réfléchir aux fossés qui bordent les routes, en partie en raison de mon intérêt pour les mauvaises herbes. » Logan reprend et approfondit ce thème dans la série Wildman (Homme sauvage), où il « réensauvage » son corps en le posant comme une incarnation queer de la nature.

 

Logan s’installe à Regina en 2015 après avoir obtenu une maîtrise en beaux-arts à l’Université de la Saskatchewan, à Saskatoon. Il continue d’y vivre malgré l’isolement de la ville par rapport aux grands centres artistiques, un contexte qui ne freine pas son parcours. Récompensé et salué en Saskatchewan comme à l’échelle nationale, Logan attire également une attention croissante à l’international. En 2018, il collabore avec l’artiste new-yorkais de renom Ross Bleckner (né en 1949) dans le cadre de l’exposition The Shadow of the Sun (L’ombre du soleil), présentée aux College Art Galleries de l’Université de la Saskatchewan. Les deux artistes y explorent des thèmes liés à la nature et à la transcendance. Après sa présentation à Saskatoon, l’exposition est ensuite accueillie à Wave Hill, jardin botanique et centre culturel situé dans le Bronx, à New York.

 

En 2023, Logan fait l’objet d’une importante exposition individuelle au Peabody Essex Museum, à Salem, au Massachusetts. Intitulée Remembrance (Souvenir), l’exposition explore les thèmes de la mort et de la renaissance à travers des dessins de grand format — dont certains sont réalisés directement sur les murs — ainsi que des sculptures. Parmi les œuvres présentées figure une étude du cycle de la vie, Dead Flowers No. 2 (Fleurs mortes, no 2), 2022.

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