Inglis Sheldon-Williams (1870-1940)
Inglis Sheldon-Williams, The Blizzard (La tempête de neige), 1916
Huile sur toile, 93,7 x 130,2 cm
MacKenzie Art Gallery, Regina
Au cours de plus de quarante années de pratique artistique, Inglis Sheldon-Williams, né en Grande-Bretagne, réalise certaines de ses peintures les plus marquantes durant son séjour à Regina, dont la scène présentée ci-dessus représentant des chevaux pris dans une tempête de neige. The Blizzard (La tempête de neige) est qualifiée de « chef-d’œuvre » par le collectionneur réginois Norman MacKenzie (1869-1936) dans un article paru dans The Morning Leader neuf ans plus tard. MacKenzie, comme beaucoup d’autres, reconnaît depuis longtemps Sheldon-Williams comme l’un des premiers artistes les plus accomplis de la Saskatchewan. Ses paysages, dont The Blizzard (La tempête de neige) dépeignent souvent la force écrasante de la nature et témoignent de l’influence du romantisme, telle qu’elle s’exprime dans l’œuvre de ses prédécesseurs anglais John Constable (1776-1837) et J. M. W. Turner (1775-1851).
Inglis Sheldon-Williams naît à Elvetham, dans le Hampshire, en Angleterre, et grandit au sein d’une famille d’artistes, dont son père, Alfred Sheldon-Williams (v.1840-v.1881), graveur et peintre de scènes équestres et sportives, ainsi que son grand-père, John Godwin Williams (v.1793-1863), artiste spécialisé dans les marines. En 1887, après avoir vécu plusieurs années en Allemagne et en Belgique à la suite du décès de son père, Sheldon-Williams s’établit comme colon à l’âge de seize ans à Cannington Manor, une localité du sud-est de la Saskatchewan, où sa mère et ses sœurs le rejoignent peu après.
Après avoir satisfait aux exigences liées à sa concession agricole en 1894, Inglis Sheldon-Williams retourne brièvement en Angleterre afin d’étudier à la Slade School of Art, où il compte parmi ses condisciples Augustus John (1878-1961), William Orpen (1878-1931) ainsi que sa future épouse, Ina Maud Thomson (1876-1956). Durant cette période, Sheldon-Williams réalise plusieurs œuvres inspirées de ses souvenirs de la vie dans les prairies à Cannington Manor, dont l’aquarelle The Mowers (Les faucheurs), 1908. À l’issue de sa formation à la Slade, Sheldon-Williams entreprend de nombreux voyages en Afrique du Sud, en Inde et en Europe, travaillant pendant une partie de cette période comme correspondant et illustrateur pour la revue The Sphere.


Sheldon-Williams revient en Saskatchewan en 1913 et s’impose rapidement comme portraitiste et peintre paysagiste. Ses portraits de cette période, marqués par l’influence des artistes américains John Singer Sargent (1856-1925) et James McNeill Whistler (1834-1903), comprennent notamment celui de Thomas Walter Scott, premier ministre de la Saskatchewan. En 1916, Sheldon-Williams fonde le département des arts au Regina College, où il enseigne le dessin et la peinture jusqu’en 1918, année où, avec l’appui de Norman MacKenzie, il devient artiste de guerre officiel rattaché à la Commission canadienne du monument commémoratif de guerre en Europe. Les deux hommes se lient d’amitié peu après l’arrivée de Sheldon-Williams à Regina, et MacKenzie acquiert plusieurs de ses tableaux, notamment After the Storm (Après la tempête), 1914, The Blizzard (La tempête de neige) et The Fire Guard (Le garde-feu), 1923, aujourd’hui conservés dans la collection de la MacKenzie Art Gallery. MacKenzie joue également un rôle déterminant en présentant Sheldon-Williams à Eric Brown, directeur de la Galerie nationale du Canada (aujourd’hui le Musée des beaux-arts du Canada), qui inclut trois œuvres de l’artiste dans l’Exposition de l’Empire britannique tenue en 1924 à Wembley, à Londres.
Paysagiste, portraitiste très sollicité et pédagogue, Sheldon-Williams contribue à instaurer à Regina un haut degré de professionnalisme dans le milieu artistique, et son départ en 1918 est une perte importante pour la ville. Sheldon-Williams garde de bons souvenirs de Regina et espère y revenir après la guerre, mais ses démarches pour y obtenir un emploi demeurent vaines. Il reste en Europe jusqu’à sa mort, en 1940.
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