Bob Boyer (1948-2004)
Bob Boyer, Parfleche; Handle with Care (Parflèche; manipuler avec soin), 1980
Huile sur toile, 97,5 x 135,5 cm
Collection permanente SK Arts, Regina
Comme artiste, pédagogue et commissaire, le peintre métis Bob Boyer joue un rôle déterminant dans le renouveau de l’art autochtone contemporain à Regina et partout au Canada. Il compte parmi les premiers artistes à intégrer pleinement des visions du monde autochtones et une parole critique sur la culture dans la peinture moderne. Son œuvre met au défi les récits coloniaux et transforme des formes traditionnelles en prises de position politiques d’une grande force, abordant notamment la colonisation, le racisme et la survivance culturelle. Surtout connu pour ses compositions audacieuses et géométriques, comme Parfleche; Handle with Care (Parflèche; manipuler avec soin), Boyer conjugue les traditions de sa culture et l’abstraction moderniste, affirmant une signature singulière qui inscrit l’autochtonie au cœur des discussions dominantes sur l’art contemporain au Canada.
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Bob Boyer, Rawhide on Canvas (Cuir brut sur toile), 1981
Huile sur toile, 142 x 168 cm
Université des Premières Nations du Canada, Regina
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Bob Boyer, A Smallpox Issue (Une affaire de variole), 1983
Huile et cuir brut sur couverture, 190 x 122 cm
Collection permanente SK Arts, Regina
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Bob Boyer, Let the Acid Queen Rain: The White Goop Devours All (Que la reine acide pleuve : la glu blanche dévore tout), 1985
Huile et acrylique sur couverture, 185 x 127 cm
Banque d’œuvres d’art du Conseil des Arts du Canada, Ottawa
Né à Prince Albert, en Saskatchewan, Boyer étudie auprès de Ted Godwin (1933-2013), membre des Regina Five, au campus de Regina de l’Université de la Saskatchewan, où il obtient un baccalauréat en éducation (arts) en 1971. Il amorce déjà sa carrière artistique à la fin des années 1960, réalisant des paysages et des portraits très figuratifs, avant de se tourner vers des représentations semi-abstraites d’objets cérémoniels et usuels autochtones dans des œuvres telles que Sun Dance Shield (Bouclier de danse du soleil), 1980, et Rawhide on Canvas (Cuir brut sur toile), 1981. Dans ces tableaux, il intègre des éléments empruntés à la peinture sur peau et au perlage traditionnels, qu’il conjugue à des procédés picturaux issus de l’expressionnisme abstrait, popularisés par les corps professoral et étudiant du campus de Regina.
Entre 1983 et 1995, de plus en plus préoccupé par la situation des peuples autochtones au Canada, Boyer réalise une série de peintures sur des couvertures de flanelle. Ces « déclarations sur couverture » associent des éléments géométriques issus des motifs historiques des Plaines du Nord à une symbolique personnelle et à des références contemporaines. Dès A Smallpox Issue (Une affaire de variole), 1983, Boyer fait allusion à la distribution de couvertures contaminées à la variole à des populations autochtones. Parmi ses œuvres sur couverture les plus connues figurent A Minor Sport in Canada (Un sport mineur au Canada), 1985; Trains-N-Boats-N-Plains: The Nina, the Santa Maria and a Pinto (Trains, bateaux et plaines : la Nina, la Santa Maria et une Pinto), 1991, un triptyque composé de trois couvertures peintes; ainsi que Happy Columbus Day, Carney (Joyeux Jour de Christophe Colomb, Carney), 1992 — des œuvres qui dénoncent explicitement les effets dévastateurs du passé colonial du Canada. Let the Acid Queen Rain: The White Goop Devours All (Que la reine acide pleuve : la glu blanche dévore tout), 1985, porte un message environnemental plus précis, attirant l’attention sur les effets des pluies acides, qui détruisent la « couverture » protectrice de la Terre.
Animé par la conviction que l’art autochtone doit bénéficier du même soin et de la même considération que l’art non autochtone, Boyer est à la fois un enseignant influent au Saskatchewan Indian Federated College (aujourd’hui l’Université des Premières Nations du Canada) et un commissaire renommé. Parmi ses réalisations curatoriales figurent plusieurs expositions présentées à la MacKenzie Art Gallery, notamment 100 Years of Saskatchewan Indian Art (Cent ans d’art indien de la Saskatchewan), 1975; Kiskayetum: Allen Sapp, a Retrospective (Kiskayetum : Allen Sapp, rétrospective), 1994; et The Powwow: An Art History (Le pow-wow : une histoire de l’art), 2000.
Boyer meurt à la suite d’une crise cardiaque alors qu’il assiste à un pow-wow au Nebraska. Sa carrière novatrice est saluée par une exposition itinérante organisée en 2008 par la MacKenzie, en collaboration avec le Musée canadien des civilisations (aujourd’hui le Musée canadien de l’histoire), et commissariée par Lee-Ann Martin : Bob Boyer: His Life’s Work (Bob Boyer : l’œuvre d’une vie).
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