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Lorraine Malach (1933-2003)

Lorraine Malach (1933-2003)

Lorraine Malach, Untitled (Sans titre), 1977-1979 

Fresque murale en céramique 

Sturdy Stone Centre, Gouvernement de la Saskatchewan, Saskatoon 

Artiste multidisciplinaire, Lorraine Malach amorce sa carrière comme peintre, mais elle est aujourd’hui mieux connue pour ses murales en céramique, dont Untitled (Sans titre), 1977-1979, réalisée pour le hall d’entrée du Sturdy-Stone Centre, à Saskatoon. L’œuvre réunit des instruments de musique abstraits entrelacés, des formes florales et animales, ainsi que d’autres motifs et silhouettes organiques. À l’époque, on la décrit comme une œuvre « dynamique, viscérale, complexe, qui mêle des éléments musicaux et organiques dans un enchevêtrement de formes rythmiques et répétées ». Comme ses murales en céramique en général, cette pièce fait dialoguer la curiosité scientifique de l’artiste — en apparence difficile à concilier — et son intérêt pour le monde spirituel, pour le visible comme pour l’invisible.

 

Catholique fervente, Malach puise son inspiration dans sa vision religieuse du monde. Plusieurs de ses œuvres en céramique — telles que The Exultation of St. Francis (L’exaltation de saint François), 1981, à l’église catholique Holy Family Notre Dame de Port Alberni, en Colombie-Britannique, et The Glorious Mysteries (Les mystères glorieux), 1988, à la cathédrale Holy Rosary de Regina — s’inscrivent dans le contexte de l’humanisme catholique de l’après-guerre, né dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale. Ce courant explore, dans un cadre catholique, des thèmes liés à la condition humaine et à la foi.

 

Lorraine Malach, Untitled (Sans titre), 1966, aquarelle sur papier, 55,8 x 73,3 cm, Dunlop Art Gallery, Regina.
Lorraine Malach, For Ena (Pour Ena), 1967, fresque murale en céramique, Dunlop Art Gallery, Regina.

Originaire de Regina, Malach est l’une des élèves les plus brillantes de Kenneth Lochhead (1926-2006) et d’Arthur McKay (1926-2000) au Regina College au début des années 1950. Son travail lui vaut une série de bourses qui lui permettent d’étudier à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, à Philadelphie, ainsi qu’à la Barnes Foundation, à Merion, en Pennsylvanie. Après avoir terminé ses études aux États-Unis et voyagé en Belgique, aux Pays-Bas, en Autriche, en Italie et en Turquie, Malach rentre à Regina en 1958. Ses œuvres à l’huile et à l’aquarelle sont alors présentées dans de nombreuses expositions individuelles, dont celle tenue à la bibliothèque publique de Regina en 1968, où elle dévoile Coffin Covers (Couvercles de cercueil), une série de neuf œuvres inspirées des traditions populaires polonaises, associant des masques mortuaires en céramique à la peinture décorative sur bois.

 

Malgré ses premiers succès à Regina, Malach demeure relativement peu connue ailleurs au pays, en partie parce qu’elle choisit, en 1965, de se tourner vers la sculpture en céramique, un moyen d’expression alors peu prisé. Comme le souligne l’historienne des métiers d’art Susan Surette, l’insistance de Malach à recourir à des techniques sculpturales traditionnelles pour ses œuvres de grand format « va à contre-courant de la nouvelle valorisation de l’assemblage, du soudage, du moulage et d’autres procédés industriels, la reléguant aux marges des discours et des pratiques de la sculpture contemporaine ».

 

C’est en 1965 que Malach reçoit la commande d’un tableau en céramique représentant les quatorze Stations du chemin de croix, une série d’images retraçant le parcours de Jésus-Christ le jour de sa crucifixion. Installée dans les niches de la chapelle du St. Michael’s Retreat, à Lumsden, en Saskatchewan, l’œuvre est réalisée avec l’appui du Hansen-Ross Pottery Studio, à Fort Qu’Appelle. Bien que Malach continue à créer des peintures à l’occasion, comme Untitled  (Sans titre), 1966, ses principales réalisations après 1965 prennent forme dans l’argile, notamment un monument commémoratif commandé à la mémoire d’Ena Wright, employée de la bibliothèque publique Connaught à Regina, décédée dans un accident de voiture en 1976.

 

Lorraine Malach, The Story of Life (L’histoire de la vie), 2003, dix panneaux d’argile, 243,8 x 121,9 cm chacun, Royal Tyrrell Museum of Palaeontology, Drumheller.

 

Portée par sa foi, de même que par son intérêt pour la paléontologie et le monde naturel, Malach consacre les deux dernières années de sa vie à The Story of Life  (L’histoire de la vie), 2003, une murale monumentale en céramique destinée à l’entrée du Royal Tyrrell Museum of Palaeontology, à Drumheller, en Alberta. Composée de dix panneaux mesurant chacun 1,2 mètres de largeur sur 2,4 mètres de hauteur, la murale illustre l’évolution de la vie, du Précambrien au Crétacé, en figurant les différentes époques sous la forme de compositions de silhouettes humaines rassemblées en masse. Malach meurt à Drumheller en 2003, peu avant d’achever l’œuvre. Janet Grabner, diplômée de l’Alberta College of Art and Design, réalise les deux derniers panneaux.

 

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