Mildred Valley Thornton (1890-1967)
Mildred Valley Thornton, The Touchwood Hills (Les monts Touchwood), v.1930
Huile sur toile, 76,1 x 91 cm
Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
Lorsque Mildred Valley Thornton présente son travail à Regina en 1921, un journaliste de The Morning Leader met en garde le public en précisant que « Mme Thornton n’est pas une extrémiste, bien que son œuvre s’inscrive dans une tendance vers l’école moderne de la peinture ». Les couleurs vibrantes et la touche audacieuse que l’on observe dans The Touchwood Hills (Les monts Touchwood) ainsi que dans d’autres œuvres de jeunesse de Thornton, dont Fireguard (Pare-feu), v.1929, sont alors peu communes à Regina et témoignent de l’influence du Groupe des Sept, de même que de celle de son professeur à l’Ontario College of Art (aujourd’hui l’Université de l’ÉADO), J. W. Beatty (1869-1941). Thornton reçoit la confirmation de la justesse de sa démarche lorsque, en 1932, The Touchwood Hills (Les monts Touchwood) devient la première œuvre réalisée par une artiste de la Saskatchewan à être admise à l’exposition annuelle de l’Académie royale des arts du Canada (ARC), à Ottawa.

Née à Dresden, en Ontario, Mildred Valley Thornton développe très tôt un intérêt pour l’art, notamment grâce à sa tante, Evelyn Beatrice Longman (1874-1954), sculptrice américaine de renom. En 1911, après avoir terminé un programme de trois ans en arts à Olivet College, au Michigan, Thornton s’installe à Regina, où elle enseigne l’art et l’histoire de l’art à titre privé jusqu’en 1915, année où elle épouse John Henry Thornton, boulanger. Après un bref séjour d’études à l’Ontario College of Art, où elle se montre particulièrement sensible à l’œuvre de Tom Thomson (1877-1917), louant « ses compositions parfaitement agencées, sa perception aiguë et la précision infaillible de ses sujets, ses plages claires de pureté prismatique et son analyse rigoureuse des tonalités, » Thornton succède à Inglis Sheldon-Williams (1870-1940) comme professeure d’art au Regina College. Elle y enseigne la peinture et le dessin jusqu’au début des années 1930.
En 1921, les aquarelles et les huiles de Thornton font l’objet d’une exposition individuelle organisée par le comité des beaux-arts et des arts appliqués du Local Council of Women. Outre des paysages, Thornton réalise des portraits, dont celui de son collègue du Regina College, Joseph Henry Lee-Grayson (1875-1953). Elle expose régulièrement à Regina tout au long des années 1920 et au début des années 1930. En 1930, une importante exposition réunissant plus de quarante de ses peintures, principalement des sujets saskatchewanais, est présentée à l’Hotel Saskatchewan. Après avoir acquis une reconnaissance à l’échelle locale, Thornton expose ses œuvres à l’Art Association of Montreal et à l’Ontario Society of Artists en 1933. Deux peintures, Foreclosed (Saisi), v.1934, et Bulwarks of the Prairie (Remparts de la prairie), v.1934, sont retenues pour l’exposition de l’ARC en 1934.
Thornton peint des personnes autochtones pour la première fois à la foire de Regina en 1928. Peu après, elle entreprend de parcourir la province, croquant ses modèles sur le vif et achevant généralement ses portraits en une seule séance. Contrairement aux portraits autochtones idéalisés de James Henderson (1871-1951), les portraits de Thornton, tels que Cree Child (Enfant cri), 1934, témoignent d’un intérêt ethnographique plus proche de celui de Edmund Montague Morris (1871-1913) et de Wilfred Langdon Kihn (1898-1957), dans la mesure où elle s’engage de façon plus directe auprès des sujets de ses œuvres.
Thornton quitte Regina en 1934 à la suite de la faillite de l’entreprise de son mari. Elle continue à peindre des sujets autochtones partout dans l’Ouest canadien, constituant un vaste corpus de plus de deux cents œuvres, qu’elle tente, sans succès, de donner en bloc à un musée canadien. Après sa mort, en 1967, cette collection est dispersée et vendue pièce par pièce.
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