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Scierie et barrage hydraulique, 1889

Scierie et barrage hydraulique

William Raphael, Scierie et barrage hydraulique, 1889
Huile sur toile, 30,5 x 40,6 cm
Collection de Jonathan Wener, Montréal

Le regard sur la nature de William Raphael n’est pas dépourvu d’observations méticuleuses sur les changements opérés par l’humain dans son environnement. Le peintre, amoureux du plein air, laisse ainsi poindre dans ses paysages certains thèmes davantage liés à l’exploitation des ressources naturelles. Écluses, barrages et mines s’immiscent dans son œuvre picturale, à l’instar d’une scierie activée par un moulin hydraulique qu’il représente en 1889, Sawmill and Hydraulic Dam (Scierie et barrage hydraulique). Le sujet traité par Raphael n’est pas sans rappeler le développement industriel, mais également touristique, de l’époque. En effet, de plus en plus répandues au Québec, des croisières permettent alors de découvrir de nombreux lieux, dont les scieries de la rivière Saint-Maurice ou du Saguenay. Industrie et tourisme se trouvent ainsi liés, le tout étant inscrit dans la découverte du paysage de la province.

 

William Raphael, Barrage sur la Rivière Saint-Charles, 11 août 1874, huile sur panneau, 36 x 29,4 cm, Musée de Lachine, Montréal.

Avec Scierie et barrage hydraulique, Raphael en arrive à une représentation très réaliste, pleine de fraîcheur. Les planches de bois s’accumulent au contrebas de la bâtisse, tandis qu’à l’avant-plan, trois billots ont été épargnés par cette transformation. Des trombes d’eau s’échappent du barrage accolé à la scierie, les remous blancs laissant ensuite place à une eau claire qui, dans le courant, se brise contre quelques rochers. À l’arrière-plan, deux autres bâtiments gris s’insèrent dans le paysage, entre les arbres au feuillage verdoyant.

 

La pochade, présentant un fort caractère d’ébauche, laisse bien voir la rapidité d’exécution dont le peintre a fait preuve. Saisissant probablement le motif sur le vif, Raphael utilise une peinture très diluée pour figurer la berge à l’avant-plan. Ensuite, s’il trace plusieurs lignes pour découper la forme rectangulaire des planches, la finesse de celles-ci contraste avec un ciel composé d’une forte texture, ayant sans doute été exécuté au couteau. Le grain du support se donne à voir dans les nuages et l’ensemble de la surface est marqué par les touches omniprésentes de l’artiste, particulièrement affirmées dans la réalisation des arbres.

 

L’œuvre a peut-être mené à une peinture davantage finie et de plus grandes dimensions réalisée en atelier, comme le laissent supposer deux créations de l’artistes exposées aux salons aux cours des années suivantes. En 1891, il présente une œuvre intitulée The Mill (Le moulin) au salon de l’Académie royale des arts du Canada tenu à Toronto. Puis, trois ans plus tard, la Art Association of Montreal accroche à ses cimaises une œuvre de Raphael portant le titre The Mill Dam (Le barrage du moulin) dont « les détails sont soigneusement traités », selon l’avis du critique du journal Daily Witness. Bien que ces deux derniers tableaux ne puissent pas être localisés actuellement, ils rappellent que le sujet esquissé en 1889 méritait, selon l’artiste, de connaître un développement ultérieur.

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