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Joyaux de la Colombie-Britannique pour l’année 1890 « Jet d’eau de la fontaine Joyau » 1890

Joyaux de la Colombie-Britannique pour l’année 1890 « Jet d’eau de la fontaine Joyau »

Hannah Maynard, Gems of British Columbia for the year 1890 « Sprays from the Gem Fountain », (Joyaux de la Colombie-Britannique pour l’année 1890 « Jet d’eau de la fontaine Joyau »), 1890

Négatif sur plaque de verre sèche à la gélatine, 21,5 x 16,5 cm

Archives provinciales et Musée royal de la Colombie-Britannique, Victoria

Entre 1881 et 1896, Maynard produit une série souvent désignée sous le nom de Joyaux de la Colombie-Britannique. Ces créations démontrent que Maynard possède non seulement un grand talent artistique, mais aussi un sens aigu des affaires. À la fin de chaque année civile, elle compile les portraits d’enfants qu’elle a réalisés au cours des douze derniers mois et les assemble dans un seul collage qu’elle envoie ensuite aux familles en guise de carte de vœux pour la nouvelle année. Exutoire de son imagination débordante, la version de 1890 présentée ici est peut-être la plus ludique de toutes. Dans cette œuvre, les photographies sont disposées de manière à ressembler à l’eau jaillissant d’une fontaine entièrement composée de petits visages. Le collage encourage les familles à faire photographier leurs enfants au studio Maynard en plus de mettre en évidence les talents et les compétences de la photographe.

 

A black and white photograph of a baby in a clam shell.
Hannah Maynard, Little Harry (Petit Harry), v.1890, tiré de l’album de la « Mrs. R. Maynard’s Photographic Gallery », Archives provinciales et Musée royal de la Colombie-Britannique, Victoria.
A composite collage photo of many different faces.
Hannah Maynard, Gems of British Columbia for the year 1884 (Joyaux de la Colombie-Britannique pour l’année 1884), 1884, négatif sur plaque de verre, 21,5 x 16,5 cm, Archives provinciales et Musée royal de la Colombie-Britannique, Victoria.

Dans les années 1840, les cartes de Noël se répandent après que la reine Victoria, souveraine britannique, ait publié une gravure représentant ses célébrations de Noël. La carte de vœux annuelle des Joyaux est un moyen ingénieux de tirer parti de l’intérêt populaire pour les cartes de vœux de Noël dans le cadre d’une campagne marketing. Le magazine St. Louis and Canadian Photographer est toujours particulièrement heureux de les recevoir les Joyaux, écrivant que « l’arrivée de ces “Joyaux de la Colombie-Britannique” est attendue chaque année avec autant d’impatience que le son des cloches de Noël ou les chaleureuses sonneries de vœux du Nouvel An ».

 

La première œuvre de la série Joyaux, produite en 1881, réunit les visages de centaines d’enfants d’âges différents, dans des poses, des costumes et avec des accessoires variés, sur un seul panneau rectangulaire. Dans cette version, Maynard inclut même des portraits plus expérimentaux, comme celui de son petit-fils Harry assis sur une coquille de palourde. Si les visages d’enfants blancs de colons constituent l’essentiel de ses compositions, les collages reflètent également la diversité croissante de Victoria, avec la présence de nombreux enfants d’origine asiatique et noire qui ont posé pour elle. Parfois, comme dans le coin inférieur droit de l’image de 1881, elle ajoute un visage de poupée au mélange.

 

À chaque itération successive, Maynard intègre habilement les collages photographiques des années précédentes des Joyaux. Dans l’édition de 1883, un enfant au centre brandit deux drapeaux, chacun portant le travail de l’année précédente. Les conceptions deviennent plus complexes et créatives au fur et à mesure que la série avance. Les petits visages sont utilisés pour former les lettres du texte, comme guirlandes, comme bijoux pour d’autres enfants et sont cachés au cœur des fleurs. Au lieu d’un champ rectangulaire de visages, les enfants sont disposés de manière à former des motifs, par exemple une tortue en 1887, une couronne en 1888, une guirlande en 1892 ou, en 1884, ils sont nichés dans un plant de dieffenbachias.

 

La série Joyaux est très appréciée, tant au Canada qu’à l’étranger. Le numéro du 25 décembre 1881 du Daily British Colonist mentionne ce qui suit : « Cette œuvre témoigne du talent, du goût et de la patience de l’artiste et présente de manière très honorable les principaux types et la beauté de ce climat salutaire. » La version de 1885 des Joyaux est publiée dans le numéro de septembre 1886 du St. Louis Photographer, accompagnée d’un poème élogieux qui commençait ainsi :

 

Voyez ces figures ravissantes,Représentant une enfance rayonnante;

Dans leur beauté ainsi parés,

Par Mme Maynard ici représentés.

 

Les Joyaux sont imprimés sous forme de cartes de cabinet de 24,8 centimètres sur 17,1 centimètres. On les appelle parfois « panneaux de Paris », une expression qui figure souvent au bas de la photographie. Recevoir une telle image devait être une grande joie pour les parents, surtout à une époque où la mortalité infantile était si élevée.

 

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