Mme Carlo Bossi vers les années 1890
Hannah Maynard, Mrs. Carlo Bossi (Mme Carlo Bossi), vers les années 1890
Négatif sur plaque de verre, 21,5 x 16,5 cm
Archives provinciales et Musée royal de la Colombie-Britannique, Victoria
Mme Carlo Bossi, sujet de ce portrait, avait récemment acquis une grande fortune considérable grâce à son mari, qui était âgé d’environ trente ans de plus qu’elle et qui connaissait un succès remarquable en tant que propriétaire d’épiceries et d’immeubles immobiliers à Victoria. Cette richesse signifiait que, à l’instar de Maynard, Bossi était libre de poursuivre des intérêts au-delà de la vie domestique. Éduquée par les Sœurs de Sainte-Anne dans la première école catholique de la région réservée aux filles, elle excellait dans la peinture et la couture, et avait maintes fois été saluée dans les journaux locaux pour ses œuvres et les récompenses qu’elles lui avaient values.


Comme elle le fait avec les enfants, Maynard s’efforce de capturer quelque chose de naturel et de représentatif chez les femmes qu’elle photographie. Dans le cas de Bossi, Maynard souhaite mettre de l’avant l’ampleur des réalisations de sa grande amie. Une Bossi sereine et richement vêtue se tient devant son chevalet, un pinceau et une palette de peinture à la main. Les fleurs sont encore en cours de réalisation, mais sous le chevalet est posé un tableau terminé. L’historienne des métiers d’art Jennifer Salahub suggère que les compositions florales et textiles, ainsi que le chien parfaitement placé et bien dressé, présentent Bossi comme « une femme définie par des activités domestiques à la mode; l’inclusion de la couture dans le portrait de Petronilla Bossi par Maynard est une reconnaissance de la position sociale élevée du modèle ainsi que de ses réalisations ».
Un portrait sur carte de cabinet composé avec le même soin et la même attention que celui de Mme Carlo Bossi est l’œuvre intitulée W.H. McNeill family (Famille W.H. McNeill), v.1876. Il représente Martha McNeill, la deuxième épouse du capitaine William H. McNeill, un marchand de fourrures prospère de la Compagnie de la Baie d’Hudson, ainsi que ses quatre belles-filles. Martha est la fille de Neshaki, un chef nisg̱a’a de la région de la vallée de Nass et une importante négociante en fourrures à part entière. Sur cette photographie, elle est assise sur le seul siège visible dans la scène. Celui-ci n’est pas l’un des nombreux fauteuils victoriens rembourrés qui occupent le studio de Maynard, mais une chaise fabriquée à partir de branches, un choix peut-être motivé par la sensibilité à l’égard de l’héritage nisg̱a’a de Martha.
Maynard applique à ses propres autoportraits la même sensibilité que celle dont elle fait preuve envers Bossi et McNeill. C’est particulièrement frappant lorsque l’on compare les portraits de Maynard à ceux que d’autres ont pris d’elle. Par exemple, sur un ferrotype attribué à Noah Shakespeare (1839-1921) ou à William M. Ashman (1861-1902), Maynard apparaît de profil, avec sa plus jeune fille maladroitement allongée sur ses genoux. Nous apprenons peu de choses sur Maynard, hormis son statut de mère et son portrait de type « photo d’identité judiciaire ». Il est certain que la différence est flagrante par rapport aux autoportraits de Maynard ou à son portrait de Mme Bossi.
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