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Piano et banc de piano 1900

et Cabinet de musique 1905

Piano et banc de piano et Cabinet de musique

George Agnew Reid, Piano and Piano Bench (Piano et banc de piano), 1900

Meuble pour piano droit en chêne teinté et ciré avec quatre peintures à l’huile sur bois, avec tabouret en chêne teinté et ciré; piano : 145,6 x 159,5 x 72,3 cm; tabouret : 53,2 x 105,5 x 29,7 cm

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

Piano et banc de piano et Cabinet de musique

George Agnew Reid, Music Cabinet (Cabinet de musique), 1905

Meuble en chêne teinté et ciré avec quatre peintures à l’huile sur bois, 107 x 51 x 46,1 cm

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

À la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle, la musique est un thème populaire dans les arts visuels, en particulier dans le contexte du mouvement Arts and Crafts, qui promeut l’importance égale et l’interdépendance de l’ensemble des arts visuels et du spectacle. Lui-même adepte des théories et de l’esthétique Arts and Crafts, en plus d’être un chanteur et instrumentiste amateur, Reid représente la musique dans ses peintures de chevalet et ses peintures murales. Ce piano a été confectionné à Toronto par la Reid Brothers Manufacturing Company (qui ne présente aucun lien de parenté avec l’artiste) tandis que le banc est l’ouvrage de Reid. Le cabinet de musique est quant à lui l’œuvre d’Edwin Challener (1843-1914), père menuisier du peintre Frederick Challener (1869-1959), premier élève de Reid, devenu son ami et collègue de toujours.

 

George Agnew Reid, Adagio, 1893, huile sur toile, 76,5 x 127 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.
Sir Edward Burne-Jones et Studio de sir Edward Burne-Jones, décoration peinte sur le piano Graham, 1879-1880, huile sur bois, 9 x 260 x 142 cm, collection privée, Angleterre.

Les trois meubles révèlent des caractéristiques du mouvement Arts and Crafts, notamment l’usage d’un bois non exotique (le chêne), le recours aux lignes simples et épurées, la valorisation de techniques de construction traditionnelles, et l’évacuation de tout ornement excessif ou inapproprié. Le choix de Reid de décorer le piano et le meuble avec ses propres peintures pourrait bien être un clin d’œil aux meubles peints produits en Angleterre par la firme Arts and Crafts de Morris, Marshall, Faulkner & Co. et par sa successeure, Morris & Co. Une autre inspiration tout aussi plausible tient dans le magnifique piano à queue décoré par Edward Burne-Jones (1833-1898) – un artiste associé à William Morris (1834-1896) et très admiré par Reid – sur le thème d’un poème de Morris consacré au musicien grec mythique Orphée et sa femme, Eurydice.

 

Sur le piano de Reid, les peintures représentent des scènes d’extérieur. Sur la face avant gauche, Music (Musique) montre un jeune homme jouant du luth pour un public de cinq personnes. Sur la face avant droite, dans Dance (Danse), un couple danse sous le regard d’autres protagonistes. Sur le côté gauche, Adagio déploie un paysage de coucher de soleil, équilibré par Largo, à droite, qui illustre un paysage sous le clair de lune. Le cabinet de musique comporte également quatre vues extérieures. Adagio présente un personnage masculin qui joue de la flûte, tandis que Largo offre une scène de lever de lune. Allegro représente une femme dont les cheveux flottent au vent, et Andante la dépeint dans une posture pensive. Les titres des œuvres sont tous des termes qui se rapportent aux mouvements dans l’exécution musicale.

 

Les albums de Reid contiennent des croquis et des photographies de ce piano, dont un dessin accompagné d’une inscription qui date sa production de 1900. C’est l’année où il présente l’instrument à l’Exposition des arts appliqués organisée par la Ontario Society of Artists. Un critique décrit le piano comme étant en noyer noir, mais il s’agit sans doute d’une erreur, car Reid ne semble pas avoir décoré d’autres pianos. Une autre critique, associée au Toronto Star, s’extasie devant l’instrument, qu’elle décrit comme « un rêve d’unicité, de simplicité et de force » par rapport aux « choses hideuses et encombrantes [que] sont la plupart des pianos ». Les notions de forme adaptée à l’usage et de rejet des ornements superflus s’inscrivent au cœur du mouvement Arts and Crafts.

 

Reid présente à nouveau le piano dans l’exposition annuelle de 1904 organisée par la Arts and Crafts Society of Canada (plus tard, la Canadian Society of Applied Art). Offerte à 500 dollars, la pièce semble être demeurée invendue, puisqu’elle apparaît dans une photographie de la maison des Reid sur Indian Road. En outre, une photographie du piano, tirée d’un des albums de l’artiste, porte l’inscription de son adresse à Wychwood Park. Lors de l’exposition de 1905 de la Arts and Crafts Society of Canada, Reid expose cette fois le cabinet de musique, le décrivant dans le catalogue comme un « Music Cabinet with Painted Decorations. Fabriqué par E. Challener [Cabinet de musique avec décorations peintes. Fabriqué par E. Challener] ».

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