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Mary Hiester Reid 1898

Mary Hiester Reid

George Agnew Reid, Mary Hiester Reid, 1898
Huile sur toile, 76,8 x 64,1 cm
Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto

Cette œuvre est l’un des nombreux portraits que Reid a peints de sa première femme, Mary Hiester Reid (1854-1921). Parmi ces compositions, la plus ancienne connue date de 1885, l’année de leur mariage, et présente Hiester Reid en tenue d’extérieur, boutonnant ses gants. Elle a également servi de modèle pour plusieurs œuvres de son mari qui s’inscrivent hors du registre du portrait, notamment Dreaming (Rêvant), 1889, l’une des deux toiles qu’il a présentées au Salon de Paris de 1889.

 

Mary Hiester Reid, Chrysanthemums (Chrysanthèmes), 1891, huile sur toile, 52,9 x 76,2 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.
George Agnew Reid, Sketch Portraits of GAR and MHR (Esquisses de portraits de GAR et MHR), 1896, huile sur toile, 34,9 x 24,4 cm, Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto.

Le portrait de 1898 montre Hiester Reid en train d’arranger un bouquet de roses. Bien qu’elle soit une peintre de paysages et de jardins accomplie, elle est surtout connue pour ses nombreuses compositions de fleurs coupées, en plus d’être elle-même souvent comparée à une fleur. Après sa mort en 1921, un journaliste du Toronto Telegram se souvient d’elle en ces termes : « La belle dame des fleurs, dont la mémoire est telle une rose parfumée ». Hiester Reid n’avait pourtant rien d’une fleur fragile. Avec audace, elle a sans relâche bâti et maintenu une carrière d’artiste professionnelle. En retour, son mari évite tout épanchement sentimental dans leur relation tant personnelle que professionnelle, s’alliant avec sa femme dans la promotion conjointe de leur art. Le couple organise de grandes expositions de leurs œuvres en 1888, 1891 et 1892. Ensemble, ils travaillent sur trois articles de journaux décrivant leurs voyages en Europe en 1896 : Mary rédige les articles que George illustre. Tous deux enseignent également à des élèves dans leurs ateliers de Toronto et d’Onteora.

 

Le portrait de 1898 révèle le respect professionnel et la proximité personnelle qui semblent avoir défini leur mariage. L’intimité que Reid entretient avec son épouse transparaît dans la tendresse qui émane de l’image et son caractère informel – des qualités renforcées par le coup de pinceau doux, quasi impressionniste, et l’effet atmosphérique, que le peintre expérimentait depuis le début des années 1890. Par ailleurs, le projecteur qui met en lumière le geste d’arranger les fleurs souligne le respect dont jouissait Hiester Reid en tant que peintre professionnelle.

 

On ignore si le mariage de George avec Mary Hiester Reid a été affecté par l’amitié personnelle et professionnelle que le premier entretenait depuis des décennies avec Mary Wrinch (1877-1969). On sait toutefois que Wrinch est devenue la seconde épouse de Reid un peu plus d’un an après la mort de Hiester Reid. Molly Peacock, dans son étude biographique sur cette dernière, propose un éclairage intéressant sur la complexité des liens entre Wrinch et son « peintre-père-professeur-et-sorte-d’amoureux », ainsi que sa « peintre-mère-professeure-sœur-rivale-en-quelque-sorte-adorée ».

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