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Les chercheurs d’or v.1935

Les chercheurs d’or

George Agnew Reid, The Prospectors (Les chercheurs d’or), v.1935

Gravure et pointe sèche sur papier vélin, 25,1 x 30,4 cm; plaque : 20 x 25 cm

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

Les chercheurs d’or est une estampe d’après-guerre rare dans la production de Reid, car elle est dominée non par le paysage mais par des figures humaines : trois hommes vus en plan rapproché. Ce type de composition rappelle les peintures antérieures de l’artiste, dominées par des figures à grande échelle, dont The Call to Dinner (L’appel pour le dîner), 1886-1887, The Story (L’histoire), 1890, et Hail to the Pioneers (Hommage aux pionniers), 1898-1899. Les chercheurs d’or compte également parmi les gravures les plus ambitieuses et les plus complexes visuellement que Reid ait produites entre la fin de la Première Guerre mondiale et le début des années 1940. C’est aussi un témoignage de son enthousiasme de fin de carrière pour un moyen d’expression – la gravure – qu’il n’a auparavant pratiqué que de manière mineure et sporadique. L’importance que Reid accorde à la composition est évidente, non seulement dans son choix d’exposer l’estampe en 1940 à la Société des peintres-graveurs canadiens, mais aussi parce qu’il en tire une peinture à l’huile de 76,2 sur 101,6 cm qui définira la composition de l’estampe subséquente sur le même thème.

 

George Agnew Reid, The Prospectors (Les chercheurs d’or), 1933, peinture à l’huile, 122,5 x 148 cm, collection d’œuvres d’art du gouvernement de l’Ontario, Toronto.
George Agnew Reid, Abitibi Canyon (Gorge en Abitibi), 1930, eau-forte sur papier vélin, 26,7 x 19,7 cm; plaque : 20,1 x 13,8 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.

C’est sans doute durant ses premières semaines à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts que Reid explore initialement l’art de l’estampe, peut-être dans les conférences- démonstrations du graveur britannique Francis Seymour Haden (1818-1910). En 1885, Reid devient membre de l’Association des graveurs canadiens récemment fondée (et restructurée en 1916 pour devenir la Société des peintres-graveurs canadiens), et de 1883 à 1893 environ, l’artiste réalise cinq estampes. Bien qu’il expose deux monotypes lors de l’exposition annuelle de l’Académie royale des arts du Canada en 1912, ce n’est qu’en 1919 – à l’âge de cinquante-huit ans, alors qu’il occupe une place centrale dans l’art canadien – qu’il se consacre franchement à la réalisation et à l’exposition d’eaux-fortes, de pointes-sèches et de monotypes. De 1919 à 1942, il présente ses estampes presque chaque année, notamment dans le cadre des expositions annuelles de la Société des peintres-graveurs canadiens.

 

La grande majorité des estampes de Reid créées après 1919 représentent des paysages, en particulier ceux du nord-est de l’Ontario qu’il a explorés avec sa seconde épouse, Mary Wrinch Reid (1877-1969), dans les années 1920 et 1930, et qu’il a d’abord documentés in situ par de petites esquisses à l’huile sur carton. S’il rejette l’art du Groupe des Sept, sa pratique, qui consiste à réaliser des croquis de paysages peu peuplés puis à les retravailler pour en faire des images plus abouties, rejoint celle du collectif, qui traitait des motifs similaires dans les années 1920 et 1930.

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